


Avant-propos
Rebelle, authentique, généreuse, anticonformiste, Brigitte Bardot a dédié sa vie aux autres. D’abord icône du septième art, puis militante infatigable de la cause animale. Une existence en deux actes, où la guerrière de l’amour est restée une guerrière toujours. Guerrière jusqu’au bout.
BB a incarné la beauté, la nature et l’engagement. Elle a affranchi des générations de femmes et d’hommes, de l’esclavage des tabous, de la mainmise des institutions. Son génie visionnaire a insufflé une liberté et une dignité renouvelées au cinéma, à la mode et au genre animal.
Nous devons à BB la révolution émancipatrice qui a secoué, sans scrupules, nos mœurs et coutumes. Grâce à BB, la vie libre n’est plus une utopie.
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Actrice, sa voix est d’une innocence inimitable. Son jeu, d’une simplicité naturelle. Son regard profond capture nos rêves avides de délivrance et de beauté. Dès le début, son âme recelait un amour ardent pour la vie juste et digne, sous toutes ses formes.
Brise légère ou ouragan, BB effleure les cœurs, éveille les âmes. Elle est une symphonie où chaque mouvement chante la vie et l’amour. Elle danse avec le temps, le métamorphose en continuel printemps, sculptant l’éternité dans l’éphémère.
À l’écran, elle transcende son personnage pour devenir métaphore de ce qu’elle interprète, souffle nouveau qui bouscule les convenances. Chacune de ses scènes est une peinture vivante, un poème en action où l’émotion éclate avec une intensité rare.
Le génie de BB réside dans sa capacité à mêler vulnérabilité et puissance, innocence et audace. Son regard révèle un monde de contradictions lumineuses. Elle n’a pas joué des rôles, elle était elle-même. Femme authentique dans toute sa complexité, elle a remodelé le cinéma et notre époque à son image, souveraine, insoumise.
BB brise les chaînes des clichés, des carcans. Elle invente un langage galant et sincère où le corps exprime ce que les mots ne peuvent dire. Un simple geste, un sourire, un soupir, et ce sont des actes d’une poésie brute. Poésie tissée d’ombre et de lumière.
Sa silhouette et son art ont bouleversé la façon de vivre de millions de personnes. Mine de rien, elle nous a invités, au fil des années, à mieux vivre, à mieux aimer. Elle nous a éduqués, transformés. Nous avons affiné, sous son égide, notre sensibilité et notre regard envers la vie et les animaux.
Étoile flamboyante, elle personnifie la liberté et la sensualité authentiques. Sans fard. Sans fioritures. Sans enjolivures. Simone de Beauvoir pouvait bien écrire à son sujet : « Un saint vendrait son âme au diable pour la voir danser. »
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Le renoncement de BB à la gloire pour épouser la cause des animaux est infiniment louable. Quelle autre personnalité du monde artistique a osé sacrifier sa carrière et sa fortune pour une noble cause ?
Symbole de bienveillance, de charité, de bonté, ses interventions philanthropiques à la rescousse des démunis
sont notoires (Joséphine Baker, Farley Matchett, Paul Watson l’activiste, les sans-abris et leurs animaux, les gilets jaunes…).
Au-delà de son charme, se déploie l’œuvre d’un génie unique. Brigitte Bardot n’est pas seulement une image figée dans l’or des projecteurs. Elle est une tempête créatrice, alchimie exceptionnelle entre art et vie, entre féminité ardente et force d’engagement indomptable.
Sa grâce fluide, sa liberté sauvage, sa détermination à célébrer les cadeaux de la nature s’imposent spontanément dans toutes les sphères de sa vie. Quoi qu’elle entreprenne.
Après la joie et le plaisir, fatiguée des mondanités superflues, BB évolue et nous présente un amour universel, désintéressé, gratuit, qui se manifeste par des gestes concrets : ressentir la souffrance des animaux comme la nôtre, soulager leur mal, respecter leur dignité.
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Le deuxième acte de sa vie qu’elle écrit, comme dans une pièce de théâtre, commence en 1973, à la Madrague, après avoir joué dans 45 films.
L’élément déclencheur qui l’a déterminée à opter pour ce virage définitif à l’âge de 38 ans, c’est une chèvre utilisée comme figurante. BB apprend que l’animal est destiné à être grillé le dimanche suivant lors d’un festin. Bouleversée, l’actrice décide de le racheter sur-le-champ pour le sauver et le ramène dans sa chambre d’hôtel, provoquant la stupéfaction générale.
Incident majeur ! Ce sauvetage agit comme un révélateur de l’insouciance des êtres humains. Un déclic ébranle sa conscience. Elle réalise l’inutilité de sa vie de star face à la souffrance animale. Ce jour-là, ellemet un terme à sa carrière cinématographique pour se consacrer à la défense de ceux qui « ne connaissent pas la trahison ».
BB confiera plus tard : « Je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que je m’occupe des animaux. C’est la seule chose qui donne un sens à ma vie ». Elle dira, rendue à un âge avancé : « Les animaux s’en foutent que j’aie vieilli… Ils m’aiment quand même ! »
Moteur d’une évolution culturelle, sociale, morale, pionnière d’une modernité plus viable, elle nous a sensibilisés à la protection de la dignité animale. Son œuvre s’élève, chant magistral. Torrent qui traverse l’espace et le temps. Hymne à la femme, à l’art, à la dignité menacée.
BB demeure, malgré la polémique, une muse insaisissable, poème vivant que chaque génération voudrait écrire, relire et ne jamais oublier. Elle est l’écho d’un monde pacifique, juste, compatissant.
Son souffle généreux nous invite à reconnaître la beauté intérieure comme force de vie. Elle nous aide à nous réapproprier l’indispensable mansuétude qui doit habiter et transformer le monde.
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Ce recueil ne se contente pas d’être un panégyrique. Il explore l’essence même de BB, sa lutte, sa lumière fragile, sa contribution dans un monde noir et chaotique.
La beauté de BB n’est pas un trait superficiel, mais l’expression de sa personne. Son corps est comparé, dès la première page, à un « cerisier en fleur » suspendu dans un printemps éternel. Les gestes et les inflexions de ces fragments poétiques deviennent rites, vibrations qui transcendent la matière, forces qui réconcilient le monde, langage divin dans le profane, éclats de lumière au cœur de la nuit.
Peut-on surnommer BB médiatrice entre les règnes humain et animal, porteuse d’une alliance sacrée ? Elle nous révèle, sans ambages, une vérité profonde : l’existence humaine ne saurait s’accomplir honorablement hors du respect des formes naturelles qui habitent la Terre. Dans cette communion entre les espèces, la nature n’est plus un décor, mais un sujet à respecter. L’animal devient témoin, confrère, partenaire, miroir d’une sagesse oubliée.
Le combat pour la justice animale avait besoin d’une guerrière. BB répondit à l’appel et réussit à restituer à l’innocence son espace légitime. Elle a rendu à l’animal son droit sacro-saint de vivre en paix, protégé de la destructivité avide du monde. Sa Fondation, inaugurée en 1986, poursuit ce long et aride chemin dans 70 pays. Elle est désormais présidée par son mari Bernard d’Ormale.
La volonté de fer de BB a fait bouger les lignes du droit. Son opiniâtreté a mené à une évolution législative. Le législateur a fini par plier et a réformé la loi. Voici quelques-unes de ses remarquables victoires : interdiction de l’importation de peaux de phoques de moins de deux semaines (blanchons) en Europe (1983), puis du commerce de produits dérivés de cette chasse (Règlement CE n° 1007/2009) ; imposition du pistolet d’abattage à tige performante qui étourdit l’animal avant de le tuer, ce qui diminue sa souffrance (Règlement CE n° 1099/2009) ; interdiction de l’importation de peaux de chiens et de chats depuis 2006 en France, puis en Europe (Règlement CE n° 1523/2007) ; renforcement de la lutte contre la maltraitance animale (loi n° 2021-1539); reconnaissance de l’animal comme « un être sensible », pas comme un « simple objet » (Code rural L214-1) ; sanctions accrues contre les sévices graves et actes de cruauté envers les animaux (Code pénal, art. 521-1) ; fin de la vente des chiots et des chatons dans les animaleries afin d’éviter les achats compulsifs et les abandons massifs (loi n° 2021-1539) ; création du « Certificat d’Engagement et de Connaissance (CEC) » devenu obligatoire en France depuis le 1er octobre 2022 pour tout nouvel acquéreur d’animal.
D’autres causes sont en cours : l’abolition de la chasse à courre, la réduction de la chasse intensive du cerf et de la palombe, l’abattage rituel, la corrida, le « Plan Chats Errants », le programme « Assiette éthique » qui touche l’éducation et la restauration (BB propose deux menus végétariens par semaine pour inciter les citoyens à diminuer la consommation de viande), l’hippophagie, la fin des cirques en ville et des Poneys-Clubs, les pensions pour sans-abris avec animaux, la formation d’une police municipale spécialisée en maltraitance animale domestique, etc.
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BB est-elle trop idéalisée, déifiée ? Peut-être. Son idéalisation répond toutefois à un besoin fondamental. Dans notre manque, nous projetons souvent sur la figure idolâtrée une lumière capable de combattre nos ténèbres intérieures. Nous exaltons la personne lumineuse qui incarne un archétype, un symbole de ce à quoi nous aspirons. BB arrive à point nommé et symbolise la libération, l’intégrité, la justice sociale, puis la compassion animale souhaitée. Elle nous appelle à vivre pleinement l’amour, dans le moment présent, source d’un infini possible. Amour envers tout le vivant.
En personnifiant elle-même cette vertu par des actes exemplaires, BB peut bien nous rappeler, en toute crédibilité, notre devoir éthique envers les animaux. Son parcours lui confère l’autorité nécessaire pour guider nos consciences et nous inviter à une compassion active.
Vie pleine. Vie riche. Vie réussie. BB devient la figure d’une humanité réconciliée avec son sens de l’altruisme. L’altérité de l’animalité n’est plus domination ou peur, mais communion et fraternité.
La lutte acharnée de la combattante la dépassait. Tâche immense ! Comment purifier le monde de sa violence envers l’animal, alors que le politique tarde et rechigne à acquiescer à ses doléances ?
La révolution de BB ne réside pas dans la force, mais dans sa capacité à convertir la cruauté en amour. Sa quête nous confronte à l’urgence d’une symbiose durable et pacifique avec le genre animal.
BB est une lumière impossible à éteindre. Mieux que mille bonzes, elle conduit les âmes vers une empathie universelle. Ses exhortations nous tracent un sillon d’espérance et renouvellent l’alliance perdue entre l’être humain, le règne animal et le cosmos. Saurons-nous suivre ce modèle de charité existentielle ?
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Célébrades est plus qu’une compilation de poèmes : c’est un rituel poétique d’initiation à la lumière et à la sagesse de Brigitte. Sa compassion et son engagement fusionnent pour redéfinir la place modérée de l’humain face à l’animal. En célébrant BB, le poème appelle à une transmutation intérieure. Il invite à embraser le monde par le feu sacré de l’amour et de l’authenticité. Acte de salut universel. Défi sublime face à la noirceur.
En définitive, BB nous lance un sacré hymne à la vie, à l’amour, à la bonté. Elle refuse de se taire. Même après sa mort, son message d’imploration continue tant que l’humain n’a pas saisi son devoir moral de respecter les autres espèces. Tant que notre conscience n’a pas instauré une véritable justice sociale étendue au genre animal.
Puisse ce recueil, qui porte sa voix, être l’étincelle qui transforme notre regard en engagement concret, et notre compassion en une nouvelle manière d’habiter le monde. Que le respect animal soit une valeur humaniste indissociable du respect entre les humains ! Que la haine cède au règne de l’amour universel !
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Inhumée à 91 ans, juste en face de la mer, Brigitte Bardot repose désormais en paix auprès de ses parents et de quelques artistes. Les vagues murmureront, pour l’éternité, hommages et compliments à l’éclat de son génie intemporel.
Bernard Anton
Détails de la 2ème édition enrichie
Trois suites de poèmes bien appréciées par BB :
Célébrades
Couronne à l’unique
Jeux de grâce
Quatre suites inédites écrites après le départ de BB :
Bienheureuse à jamais
Gratitude du vivant
Surnoms de jade
Oraison des ami(e)s à l’Amie
suivies d’un texte en prose :
Lettre à la gardienne qui ouvre la porte
Un total de huit séquences poétiques précédées et suivies de réflexions sur l’œuvre.
Médias
1- Entrevue avec Bernard Anton autour de Célébrades (2026)
Suite à la parution récente de Célébrades, Bernard Anton s’est confié à notre rédaction.
1— Présentez-nous votre dernier livre Célébrades paru aux éditions Les Impliqués.
B.A. Ce livre est une 2e édition enrichie. Il regroupe l’ensemble des poèmes que j’ai écrits sur Brigitte Bardot depuis plus d’une dizaine d’années. Cette riche compilation contient des textes composés du vivant de l’icône et d’autres, après sa disparition. Ce recueil, qui lui est entièrement dédié, constitue un livre-souvenir complet. C’est un témoignage précieux sur sa vie et sur son œuvre. Je suis fier du titre que j’ai forgé. Il inclut la racine célébrer et le suffixe -ade qui signifie action. Ce mot symbolise l’acte de célébrer l’héritage de BB. Célébrer la vie et la compassion envers les animaux.
2— Combien de parties il y a dans ce recueil ?
B.A. Il y en a huit. Trois qui sont une reprise : Célébrades, Couronne à l’unique et Jeux de grâce (lus et bien appréciés par BB), puis cinq qui sont récentes. Bienheureuse à jamais, Gratitude du vivant, Surnoms de jade, Oraison des amis à l’Amie et Lettre à la gardienne qui ouvre la porte. C’est précédé d’une préface de Béatrice Favereau et d’un avant-propos, suivi d’une réflexion analytique intitulée Les coulisses de l’œuvre.
3— Racontez-nous les circonstances qui entourent l’écriture de chacune de ces parties.
B.A. Célébrades est une série de haïkus qui chantent la beauté et le génie de BB. Ils ont été rédigés il y a plus de 10 ans et publiés en 2021. Couronne à l’unique est en fait mon tout premier poème sur BB, paru en 2018, pour fêter son 84e anniversaire. Jeux de grâce est une suite de haïkus inspirés du film Les pétroleuses, une comédie qui m’a enchanté. BB y engage un succulent duel à bras-le-corps avec Claudia Cardinale. Ces deux dernières séquences poétiques sont parues dans des recueils différents.
Arrive le décès de BB. J’ai rédigé alors les cinq séquences suivantes : Bienheureuse à jamais, une suite inspirée directement de ses funérailles. J’y ai consigné ce que je ressentais durant la cérémonie, bien ému devant son cercueil en osier. Les haïkus coulaient, les images fusaient. J’étais uni à elle d’une façon incroyable. C’étaient des moments pathétiques, poignants.
Gratitude du vivant donne la parole aux animaux de BB. Ils remercient leur tutélaire pour les multiples attentions et secours prodigués. En voici des extraits : « mains pétries d’amour/tu portes notre fardeau/o dame-soleil », « tu es notre reine/sans diadème ni palais/l’amour te couronne », « l’atome nous lie/poussière d’étoiles commune/fraternité vraie », « par ton doux regard/la détresse est effacée/le bonheur fleurit ».
Surnoms de jade est un florilège d’attributs, une galerie aux accents parfois surréalistes qui magnifient l’aura de BB : « panthère inlassable/ruine pour les conventions/dompteuse des ogres », « âme aux mains ouvertes/luminescente tendresse/clémence et fougue ensemble », « mère des blessés/pilier de solidarité/tornade cosmique ».
Oraison des ami(e)s à l’Amie est un long témoignage où les animaux expriment leur deuil en accompagnant leur Mère jusqu’à sa dernière demeure. C’est une sorte de marche funèbre percutante, une cérémonie « parallèle » (la leur), avec leur langage et leur ressenti. Je leur donne totalement la parole : « Gardiens d’une vérité absolue, nous affirmons:/l’être qui accueille le prochain sans le dominer/mérite amour et honneurs/prestigieux rayonnement de l’opulence/Le cœur qui aime comme une colombe/ne peut rejoindre l’infini sans le convoi/clinquant de ses amis ».
Enfin, Lettre à la gardienne qui ouvre la porte est une missive ouverte en prose que j’adresse à BB. Je souligne sa générosité et sa bienveillance qui hébergent des milliers d’animaux dans plusieurs refuges, depuis plus de quatre décennies. Quelques lignes : « Ta beauté n’était que prélude à la compassion… Tu nous as jeté une vérité crue en pleine face : nous ne pouvons nous prétendre humains si nous piétinons la nature. L’animal n’est plus un objet décoratif, il est notre frère, notre miroir, l’observateur d’une sagesse que nous avons oubliée. »
Après avoir achevé le recueil, j’ai essayé de l’analyser. J’aime beaucoup cogiter sur mon œuvre ! Avec le recul, l’autocritique se révèle un puissant levier de progression. Cette démarche me paraît particulièrement féconde. C’est ainsi que j’en ai dégagé quatre thématiques principales, développées à mon insu : la beauté, l’amour, la liberté, le respect de la vie animale et de la nature.
4— Pourquoi vous admirez tellement Brigitte Bardot ?
B.A. Je l’admire, car je me retrouve en elle comme en un miroir. Nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes sentiments, le même amour de la liberté, de la joie de vivre, de la musique et de la nature sauvage. Nous avons les mêmes soucis : la défense des animaux, la justice sociale. Nous osons aller, tous les deux, jusqu’à la contestation et la rébellion.
La simplicité de BB m’inspire. Son authenticité, sa bonté et sa franchise me bouleversent. Dotée d’une vaillance admirable, elle s’est battue seule contre un système sourd aux droits et à la dignité des animaux. Son combat a triomphé. Sa Fondation poursuit aujourd’hui son œuvre. Son message rayonne plus que jamais. Par mes écrits, je m’efforce modestement de porter son flambeau. Son audace et sa détermination sont infiniment louables, sans bornes.
5— Quand avez-vous produit vos deux magnifiques chansons sur Brigitte Bardot, Couronne à l’unique et Célébrades ?
B.A. Elles ont été mises en musique et interprétées quelques jours après le décès de Brigitte Bardot (les vidéoclips sont disponibles sur YouTube). J’aurais dû les produire l’automne dernier, de son vivant. Elle aurait été heureuse de les écouter.
Sa disparition m’a profondément bouleversé. Je tenais alors à accomplir un geste exceptionnel, grandiose, pour elle. Au lieu de lui offrir un grand bouquet de fleurs éphémères, j’ai mis en musique Couronne à l’unique. Quelques jours plus tard, j’ai renouvelé cet hommage avec des extraits de Célébrades. Ces deux titres ont été chantés pour honorer sa mémoire. J’ajoute ainsi l’éloge à l’éloge.
6— Quel est le message principal de Célébrades ?
B.A. Ce recueil explore la figure de Brigitte Bardot comme refuge, guide et bergère. Je ne célèbre pas seulement sa gloire individuelle, mais surtout sa relation salvatrice au règne animal. Je la peins comme une « réparatrice » des blessures de l’univers. Soigner l’animal s’apparente, pour moi, à l’action de recoudre un tissu déchiré. Cela réconcilie le monde.
Son « fil de lumière » qui « recoud le ciel » incarne un geste cosmique, amplement méritoire, de réparation. Soigner le chétif et le petit revient à raccommoder l’univers émietté par nos méchancetés.
Je revendique dans ce livre une fraternité avec le vivant, fondée sur notre commune substance atomique. Nous venons tous de la même « poussière d’étoiles ». Cette métaphore cosmogonique synthétise la vision d’un globe souffrant, interrelié, restauré par le soin et la bonté.
Célébrades plonge le lecteur dans une méditation sur l’amour véridique et sur le souffle vital qui anime tout être, y compris les animaux. Ces textes sont une ode à la splendeur de l’existence, un hymne à la joyeuse convivialité où l’animal devient un frère de sang, un cousin.
7— Brigitte Bardot est plus qu’une muse pour vous.
B.A. En effet. Elle est une présence plurielle, tour à tour volcanique, céleste, farouche. J’explore ses multiples facettes à travers une série d’images puissantes. Je supprime les frontières entre nature et surnaturel, douceur et fureur, visible et invisible. Je déploie la figure d’une femme indomptable, visionnaire, qui incarne les tensions de l’existence humaine et nous aide à les dénouer.
Célébrades incite à contempler l’étonnante complexité de BB : douceur et fougue, lumière et ombre, chaos et harmonie. Dans cette constellation de poèmes qui se distingue par son audace imaginaire et sa vigueur évocatrice, BB devient un pont entre les mondes, une source d’éveil, un modèle de bienveillance et de solidarité, un idéal d’amour élevé.
8— Que symbolisent pour vous la personne et l’œuvre de Brigitte Bardot ?
B.A. BB est un symbole dynamique de courage qui s’érige, allégorie souveraine d’une sensibilité éveillée et d’un esprit insoumis. Elle échappe à toute définition univoque. Elle est l’emblème d’un passage possible du matériel à l’essentiel, de la réalité perceptible à l’invisible compatissant. Elle est une conscience qui hurle, un « cerisier en fleurs » qui refuse de faner, un « diamant » qui raye la vitre de nos certitudes et de notre médiocrité.
BB est une « épée de justice », « apaisement des sans-voix », « sentinelle agile », « dragonne et amie des griffes ». Elle ne se réduit pas à une simple beauté contemplative. Elle est l’instigatrice d’un ordre nouveau, d’une morale vivante qui défie les fausses normes et les limites. La dimension éthique définit son image.
9— Parlez-nous de votre écriture poétique si subtile. Célébrades est une œuvre tellement unique par son raffinement.
B.A. Ces poèmes n’ont pas été écrits d’une façon conventionnelle. Ils ont été extraits de l’ombre pour tisser une armure contre l’insensibilité de certains envers les animaux. Mon art, c’est la lame nue. J’ai choisi des mots simples, des mots de terre et de sang pour traduire le sentiment des animaux. Je me suis effacé derrière ma plume, car je ne voulais pas faire écran entre l’émotion et le lecteur. J’ai cherché la densité qui cogne et réveille l’imaginaire.
Le rythme du recueil crée une fluidité incantatoire, une acuité impressionniste. L’onde vibratoire de chaque vers ou métaphore dresse un portrait polyphonique de BB. Cette puissance évocatrice fusionne beauté sauvage et altruisme, invitant à une immersion sensorielle et méditative : « plus que mille cierges/que mille étoiles superbes/ta miséricorde ».
Mon écriture de feu et de lumière suggère une expérience existentielle, un questionnement sur la place de l’animal dans nos sociétés. Délaisserons-nous nos ornières et serons-nous plus cléments ?
En résumé, Célébrades propose, sous couvert d’une apologie poétique, une réflexion sur l’éthique de l’amour envers toutes les espèces. À la suite de la charitable Brigitte Bardot, nous sommes conviés à respecter la dignité intrinsèque et les droits légitimes des animaux, nos « frères sous le même ciel ».
Paru dans Des auteurs et des livres,
24 avril 2026
https://magazine-desauteursdeslivres.fr/entrevue-avec-bernard-anton-autour-de-celebrades-2026/
2- Une ode poétique à Brigitte Bardot : entre admiration et engagement
Avec Célébrades, Bernard Anton propose bien plus qu’un simple recueil de poésie : il livre une déclaration d’admiration totale, un chant fervent dédié à une figure devenue, sous sa plume, à la fois icône, muse et conscience morale.
Dès les premières pages, le ton est donné. L’auteur ne cherche ni la distance ni la nuance critique. Il célèbre. Il magnifie. À travers une succession de haïkus et de poèmes courts, il esquisse un portrait fragmenté mais intensément cohérent de Brigitte Bardot, perçue comme une incarnation de la beauté, de la liberté et surtout de la compassion envers le vivant.
La force du recueil réside dans sa forme. Les textes, souvent brefs, frappent par leur immédiateté. En quelques mots, Bernard Anton parvient à faire surgir une image, une émotion, une idée. Les métaphores abondent, puisant largement dans la nature : fleurs, lumière, animaux, éléments célestes. Ce langage sensoriel donne au livre une dimension presque contemplative, invitant le lecteur à ralentir, à ressentir, à s’immerger.
Mais Célébrades ne se limite pas à une célébration esthétique. Au fil des pages, une autre figure de Bardot s’impose : celle de la militante infatigable de la cause animale. L’ouvrage devient alors un espace de réflexion implicite sur notre rapport au vivant. L’animal n’y est jamais décoratif ; il est central, miroir d’une humanité en quête de sens et de réconciliation.
Cette double lecture — admiration d’une femme et plaidoyer pour une éthique du vivant — donne au recueil sa singularité. L’écriture, parfois emphatique, assume pleinement son lyrisme. Elle pourra dérouter les lecteurs en quête de retenue, mais elle participe aussi à la cohérence de l’ensemble : ici, tout est porté par l’élan, par la ferveur.
On pourra reprocher à l’auteur une forme d’idéalisation constante, presque mystique, de son sujet. Brigitte Bardot y apparaît comme une figure quasi sacrée, élevée au rang de symbole universel. Pourtant, cette approche fait aussi la force du livre : Célébrades n’est pas une biographie, ni un portrait critique, mais une œuvre de dévotion poétique assumée.
Au final, Bernard Anton signe un recueil singulier, à la croisée de la poésie, de l’hommage et du manifeste. Une lecture rapide dans sa forme, mais durable dans son empreinte, qui séduira les amateurs de poésie accessible et les lecteurs sensibles aux questions animales et humanistes.
6 mai 2026
https://www.odeurdutemps.fr/une-ode-poetique-a-brigitte-bardot-entre-admiration-et-engagement.html
Deux vidéos promotionnels (poèmes mis en musique et chantés) :
« Célébrades » extraits
Voir portfolio : https://bernardanton.com/celebrades/
Voir site Web de l’auteur : www.bernardanton.com, onglet Célébrades
Merci à Béatrice Favereau pour les belles illustrations (page de couverture et intérieur du livre)
